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À quoi s’attendre des prochains vaccins Covid-19?

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À quoi s'attendre des prochains vaccins Covid-19?

Publié le jeudi 21 janvier 2021 à 12h47

Modifié le jeudi 21 janvier 2021 à 13 h 41

L’arrivée des deux premiers vaccins contre Covid-19, celui de Pfizer / BioNTech et celui de Moderna, a été saluée comme une promesse de sortie du tunnel. Un vrai baume sur la plaie de la pandémie. Autorisés respectivement le 21 décembre et le 6 janvier en Europe, ils représentent également une entreprise biomédicale. Il faut généralement sept à douze ans pour mettre au point un nouveau vaccin. Mais ces deux ont été conçus, testés et publiés en seulement un an. Ceci, même s’ils utilisent une technologie innovante, celle des «vaccins à ARN», jamais utilisée auparavant chez l’homme. Dans les essais cliniques, leur efficacité a atteint des niveaux records: chez 95% des sujets vaccinés, ils ont empêché l’apparition de formes symptomatiques.

Cependant, ils ne suffiront pas à couvrir tous les besoins du monde. «Ces deux premiers vaccins ont l’immense mérite d’offrir une réponse rapide à une urgence sanitaire mondiale», souligne Jean-Daniel Lelièvre, directeur du service d’immunologie clinique et maladies infectieuses de l’hôpital Henri-Mondor (France). Mais leur large distribution se heurte à deux obstacles majeurs. D’une part, leurs capacités de production limitées ralentissent l’offre mondiale. En témoigne les retards dans la livraison du vaccin Pfizer en Europe à la mi-janvier. «Il faut dire que c’est la première fois que le monde est confronté à une telle crise sanitaire. Il s’agit d’organiser de toute urgence une campagne de vaccination auprès d’adultes du monde entier! »souligne Giuseppe Pantaleo, directeur du service d’immunologie et d’allergies du CHUV. Et cela avec deux doses de vaccin. Un défi colossal.

240 vaccins actuellement identifiés

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Deuxième frein: la logistique de distribution de ces deux vaccins est compliquée. Celui de Pfizer / BioNTech nécessite un stockage à -70 ° C et celui de Moderna à -20 ° C. »Pfizer et Moderna ont créé une Lamborghini alors que la plupart des pays avaient besoin d’une Toyota, qui est un vaccin qui aurait pu l’être produit, stocké et administré de manière simple et peu coûteuse, de préférence en utilisant les chaînes de distribution existantes », écrivait l’Américain William A. Haseltine, président d’Access Health International dans Le Monde du 24 décembre. Et puis il y a cette inconnue: “Nous manquons de perspective pour connaître la durée de la protection conférée par ces premiers vaccins”, ajoute Giuseppe Pantaleo.

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Alors, quels espoirs pouvons-nous raisonnablement placer dans les autres vaccins en cours d’évaluation? À la mi-janvier, 240 candidats vaccins Covid-19 ont été identifiés par le Milken Institute, un groupe de réflexion américain. Parmi ceux-ci, 42 étaient en cours d’évaluation chez l’homme et 8 étaient déjà utilisés dans plusieurs pays. Ils ont tous le même objectif: apprendre à notre système immunitaire à reconnaître le SRAS-CoV-2 et à produire une réponse protectrice spécifique contre celui-ci. Lors d’une rencontre ultérieure avec ce pathogène, cette réponse, gardée à l’esprit, peut rapidement le neutraliser.

Pour cela, nous devons tromper notre système immunitaire. Le vaccin leur fait alors croire qu’ils rencontrent ce pathogène, sans mettre en danger notre corps avec une véritable infection. D’où cette ruse: des fragments du virus sont présentés au système immunitaire, ce qui va alerter le système immunitaire et déclencher ses défenses. Ce sont des protéines ou des fragments de protéines virales, appelées «antigènes». L’antigène principal du SRAS-CoV-2 est constitué de fragments de la protéine qui plisse son enveloppe: la protéine de pointe, qui lui permet de pénétrer dans nos cellules. «Il existe plusieurs méthodes pour présenter cet antigène au système immunitaire», explique Jean-Daniel Lelièvre. Examinons-les et voyons leurs promesses.

Vaccins à base de virus amortis ou inactivés – une option quelque peu dépassée

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Vaccins protéinés: pour de futurs rappels?

La première – et la plus ancienne – option consiste à inoculer directement le virus lui-même, qui a été rendu inoffensif. Il existe deux possibilités: soit vous utilisez un virus encore vivant dont le danger a été éliminé («virus vivant atténué»), soit vous utilisez un virus tué («virus inactivé»). Ces deux méthodes ne sont pas les plus prometteuses. «Les vaccins vivants atténués ne sont pas faciles à produire: ils posent des problèmes de sécurité. Quant aux vaccins inactivés, ils sont beaucoup moins immunogènes. L’inactivation du virus entraîne une perte d’efficacité “, résume Jean-Daniel Lelièvre. Contre Covid-19, quatre vaccins sont basés sur des virus inactivés: trois vaccins chinois (un de Sinovac, deux de Sinopharm) et un vaccin indien (Bharat Biotech Ils ont reçu des autorisations locales. Mais quelles sont leurs performances? On reste dans l’ignorance. »Avec le vaccin Sinovac, des études menées au Brésil suggèrent une efficacité de 70%. », Note Giuseppe Pantaleo.

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Une autre option consiste à utiliser les mêmes antigènes protéiques fabriqués en usine comme ingrédient actif. «Utilisé contre l’hépatite B, ce type de vaccin n’est ni le plus simple ni le plus rapide à produire», note Jean-Daniel Lelièvre. Autre limitation, il n’induit qu’une partie de la réponse immunitaire: une réponse anticorps. “Il ne déclenche pas de réponse basée sur les cellules cytotoxiques (lymphocytes T)”, précise l’immunologiste. Pour Giuseppe Pantaleo, ce n’est pas si mal: “C’est la réponse anticorps qui prime”. Parmi les vaccins de ce type, celui de la firme américaine Novavax: “Il faudrait connaître les premières données sur son efficacité d’ici deux semaines”, a déclaré Giuseppe Pantaleo.

Vaccins à ARN, innovants et très efficaces

Dans cette même catégorie, il fait partie des vaccins candidats de Sanofi-GSK. Cependant, il a subi un sérieux revers: une sous-dose de l’antigène viral a grandement entravé son développement. Pour Jean-Daniel Lelièvre, «les vaccins protéiques pourraient être utiles pour le rappel», par exemple après une première vaccination avec un vaccin avec un vecteur viral.

Les deux catégories de vaccins les plus prometteuses demeurent. “Pour lutter contre une épidémie émergente, l’OMS a récemment recommandé de donner la priorité à deux types de vaccins: les vaccins à base d’ARN (ou d’ADN) et les vaccins de type vecteur viral, d’autant plus que leur développement est rapide”, souligne Jean-Daniel Lelièvre. Les plus innovants d’entre eux – et les premiers à apparaître, comme nous l’avons vu – sont les «vaccins à ARN». L’astuce consiste à amener nos cellules à produire les fameux antigènes protéiques. Pour ce faire, le vaccin leur fournit le matériel génétique du virus: sa molécule d’ARN (acide ribonucléique). Une fois inoculé dans le corps, il fournira des instructions clés pour que nos cellules produisent elles-mêmes la protéine de pointe du SRAS-CoV-2 (ou des fragments de celle-ci). En plus des vaccins de Pfizer et Moderna, la société allemande Curevac développe un troisième vaccin à ARN. Son efficacité (essai de phase 3) devrait être connue en mars-avril.

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Vaccins «vecteur viral» très prometteurs

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Il y a beaucoup d’espoir pour une alternative: les vaccins de type «vecteur viral». Ils contiennent également des virus, mais pas ceux qui causent Covid-19. Ce sont des virus inoffensifs qui agissent comme des «véhicules» pour transporter l’antigène (la protéine de pointe) vers les cellules immunitaires et déclencher leur réponse protectrice. Deux vaccins candidats de ce type sont en cours d’évaluation par l’Agence européenne des médicaments, qui devrait rendre ses verdicts prochainement: celui d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford, et celui de Janssen (Johnson & amp; Johnson). Ils utilisent tous deux un adénovirus comme vecteur viral. À ce jour, le vaccin d’AstraZeneca s’est révélé efficace à 70%, donc moins que les deux vaccins à ARN disponibles. “Autre limitation: l’essai pivot d’évaluation de ce vaccin n’a inclus que 6% des personnes de plus de 65 ans”, regrette Giuseppe Pantaleo.

Le vaccin de Janssen a fourni les premiers résultats d’efficacité dans une étude de phase 2 portant sur 805 sujets: «Dans l’ensemble de la population vaccinée, le vaccin a déclenché une réponse immédiate en anticorps neutralisants, qui est restée détectable après 2,5 mois. C’est une bonne nouvelle pour un troisième vaccin », a déclaré l’immunologiste. Les résultats de l’essai de phase 3 sont attendus début février. Autres bénéfices: ce vaccin peut être administré en une seule dose. De plus, contrairement aux vaccins à ARN, il peut être conservé à 4 ° C ou 6 ° C pendant trois mois, ce qui facilite la distribution.

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Un autre vaccin «vecteur viral», le Spoutnik V, est également en cours de développement en Russie, son efficacité reste incertaine en l’absence de données publiées. Enfin, d’autres vaccins «vecteurs viraux» pourraient tenir leur place dans cette course de longue distance, malgré leur retard. C’est le cas d’un candidat vaccin de l’Institut Pasteur (France), qui utilise le virus de la rougeole comme vecteur.

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